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Médi

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Atrocités : Selon l’évêque du : « Sept ont été crucifiés »


Et dans une déclaration du Synode africain : « Attaques et persécutions de la part des milices gouvernementales »


Cité du Vatican - Au Synode pour l’Afrique, qui se réunit ces jours-ci au Vatican, on discute de la crucifixion des et nullement dans un sens métaphorique : « Le 13 août, des rebelles sont entrés dans l’église de ma paroisse pour prendre plusieurs fidèles en otage. Et au cours de leur fuite dans la forêt, ils ont tués sept d’entre eux, ils les ont crucifiés à des arbres. » C’est ce que rapporte Monseigneur Hiiboro Kussala, évêque du diocèse de Tombura Yambio dans le sud du .


Dans son récit, diffusé par Radio Vatican, il témoigne, d’une voix désolée mais ferme, que la haine et les massacres n’ont pas pris fin en mars dernier avec l’incrimination du président Al-Bashir, décidée par le Tribunal International de la Haye, pour crimes contre l’humanité et pour son implication dans le du Darfour. Et comme le résume la chaîne radio du Saint-Siège, les violences continuent aussi sur un autre front, celui qui divise le Nord, essentiellement arabe, gouverné par Al Bashir à Khartoum et où est imposée la loi coranique et le Sud, chrétien et animiste. Des élections politiques, prévues par les accords de paix de 2005 devraient avoir lieu d’ici 2010 alors qu’en 2011 se déroulera le referendum pour l’auto-détermination du Sud. Ces deux consultations sont mises en danger par les attaques à répétition contre les , et ces violences sont perpétrées par des groupes rebelles liés au gouvernement de Karthoum. «Non seulement ils reçoivent l’aide du gouvernement du Nord » accuse l’évêque mais « certains d’entre eux ont été formés par Al qaeda en Afghanistan, ils sont contre notre Église, leur but est de terroriser les . » La crucifixion des sept paroissiens de Mgr Kussala n’est pas un acte d’horreur isolé : « on assiste à tellement de drames semblables » et par ailleurs : « tous ces groupes de rebelles ont des fusils, des armes, il semble y avoir une volonté manifeste à maintenir le du Sud dans un état de trouble permanent afin qu’il n’y ait pas la tranquillité nécessaire à la préparation du referendum. »


Quand on lui demande si porter le message de l’Évangile au signifie risquer le martyre, l’évêque n’a aucune hésitation à répondre : « Tout à fait, c’est exactement comme ça que nous le vivons puisqu’ils sont en train de tuer nos fidèles, ils brûlent leurs maisons, leurs églises, c’est ça le martyre. »


Venir dans vos paroisses, participer à la messe sont des choses qui font peur? : « Eh oui, les gens ont peur parce que les rebelles continuent à tuer. Mais nous, nous ne voulons pas mourir, tout cela renforce la foi des fidèles et ils continuent à venir à l’église. » Ce n’est pas une situation nouvelle comme l’explique au synode le cardinal Gabriel Zubeir Wako, archevêque de Khartoum : « Le problème entre le Sud et le Nord du est aussi vieux que le lui-même : un entrelacement de questions complexes, à partir des inégalités dans le développement jusqu’aux disparités dans les opportunités concédées par le gouvernement central et auxquelles il faut ajouter les différences ethniques et religieuses entre les deux peuples. »


La même complexité du Darfour était expliquée aux évêques par Rodophe Andada, ex-représentant de l’ONU et de l’Union Africaine lors de la mission de paix : « La situation a changé radicalement comparativement aux années 2003-2004 mais ceci ne signifie absolument pas que le conflit, beaucoup plus complexe que le laisse entrevoir la description manichéenne communément répandue, soit terminé.


Il n’est pas facile de s’imaginer, après tout cela, que juqu’au 25 octobre, l’assemblée pour l’Afrique réunira 244 prélats afin qu’ils s’engagent au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. «Non, ce n’est pas facile» déclare Monseigneur Kussala qui écarte les bras tout en ajoutant : « C’est notre devise. Après six siècles, le christianisme a été pratiquement détruit au du Nord et nous en souffrons tous au nom du Seigneur.» Assurément, encore hier les évêques exhortaient l’Afrique à « prendre en main son propre destin. » Mais Benoit XVI en personne s’est adressé aux hommes et aux femmes de bonne volonté « afin qu’ils tournent leurs regards vers l’Afrique » Et ainsi l’évêque de Tombura Yambio demande en soupirant : « Nous avons besoin de bons samaritains, nos frères, nos amis de la communauté internationale peuvent nous aider. Mais plus encore nous leurs demandons de prier pour nous, le plus possible. »



Source : Corriere dela Sera  Traduction Bivouac-id.

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le Génocide des Arméniens en toile de fond

lundi19 octobre 2009



Depuis le clash du Forum de Davos (29 janvier 2009), rien ne va vraiment plus entre la Turquie et Israël. A Istanbul, tandis que l’antisémitisme rampant s’est accentué, Ankara a exclu Israël des manoeuvres militaires aériennes de l’opération "Aigle anatolien". Une configuration qui relance, curieusement, la question arménienne en terre sainte, alors que la Knesset a rejeté plusieurs fois les résolutions présentées par la gauche.

Cette fois c’est la société civile qui monte au créneau.

Vendredi dernier, un mouvement baptisé "Si tu veux", créé par des étudiants des universités israéliennes après la seconde guerre du Liban, a organisé une manifestation impromptue de protestation devant l’ambassade de Turquie à Tel-Aviv, exhortant le gouvernement turc de reconnaître "l’holaucoste" des Arméniens dans l’Empire Ottoman.

Le mouvement militant a brandi pour l’occasion des photos illustrant le génocide du peuple arménien.

Pendant ce temps là, en Turquie, Abdulah Gul a déclaré, à la suite d’une série télévisée antisémite intitulée "Eyrilik" (Séparation), -montrant des soldats israéliens tuant des civils et des enfants-, que son pays ne se taira pas face aux « injustices » israëliennes. "Aucun État ne dictera à notre pays, quelle politique étrangère il doit poursuivre "

"La Turquie est l’un de ces rares Etats qui est étroitement associé à la fois avec les pays arabes et avec Israël. Nous allons continuer à critiquer et agir lorsque ce sera nécessaire, sans saper les fondements de ces relations. Ankara cherche à établir une paix juste et la stabilité au Moyen-Orient.", a-t-il dit. Ajoutant "Malgré le fait qu’Ankara veut entretenir des relations amicales fortes avec Israël, nous n’avons pas le droit moral de rester silencieux quand à Gaza sont tués des femmes et des enfants sans défense ", a souligné le président Turc.

Le scandale ne s’est pas fait attendre. le Ministre des Affaires étrangères israëlien, Avigdor Lieberman, convoquera l’ambassadeur de Turquie pour éclaircissements afin de protester contre la diffusion de la série télévisée qui incite à la haine anti-israélienne à la télévision d’Etat TRK1", a indiqué un communiqué des Affaires étrangères, le 14 octobre, jour du match Turquie-Arménie à Bursa.

"Cette série n’a pas le moindre rapport avec la réalité et présente les soldats israéliens comme des tueurs d’enfants (palestiniens). Elle ne mérite pas d’être diffusée même dans un pays ennemi (d’Israël) et sûrement pas dans un pays entretenant de pleines relations diplomatiques avec Israël",ajoute le communiqué.

Les chaînes de télévision israéliennes ont diffusé des extraits de la série hebdomadaire de la télévision publique turque dans laquelle on voit notamment un soldat israélien tirer délibérément sur une fillette palestinienne qui s’écroule morte en souriant. Une autre scène présente l’image d’une balle au ralenti tirée par un soldat de Tsahal qui atteint de plein fouet un autre petit Palestinien.

La veille, le premier ministre Erdogan avait de nouveau évoqué les critiques d’Israël, en disant : « La Turquie dans son histoire n’a jamais été du côté des persécuteurs, et toujours défendu les opprimés."

Réponse des membres arabes du parlement israëlien à l’adresse du premier ministre turc, notamment accusé pour sa politique guerrière anti-kurde : "Monsieur Erdogan, vous feriez mieux de vous taire. Si vous insistez, nous allons vous informer en détail sur tous les crimes de guerre commis par la Turquie. Par exemple le génocide arménien dont vous ne dites pas un mot."

12h00 A la suite de ce clash diplomatique entre les deux nations, le café turc et les voyages en Turquie font l’objet d’une campagne de boycott en Israël, rapporte aujourd’hui le quotidien israélien "Yediot-Aharonot".

Une chaîne de cafés a décidé de ne plus vendre une de ses spécialités, l’"Istanbul coffee", "jusqu’à ce que les choses s’améliorent" entre Israël et la Turquie", explique Michal Steg, responsable de la société Ilan.

Par ailleurs, le nombre de réservations touristiques vers la Turquie serait en notable baisse, toujours selon le "Yediot-Aharonot".

15h00 Concernant l’offre de médiation de la Turquie entre la Syrie et Israël, "la Turquie ne peut être un intermédiaire honnête", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rejeté la possibilité d’une participation de la Turquie dans les négociations syro-israéliennes comme médiateur.

Selon les médias israéliens, lors des pourparlers qui se sont tenus il ya quelques jours à Jérusalem, l’un des thèmes principaux a porté sur les perspectives de paix au Moyen-Orient. Interrogé sur la possibilité de continuer la mission de médiation d’Ankara entre Jérusalem et Damas, le dirigeant israélien a reconnu qu’il ne voit pas de perspectives pour l’avenir de la participation de la Turquie dans le processus de négociation : « La Turquie ne peut être un honnête courtier entre les parties." — A déclaré M. Netanyahu.

Et, selon le vice-ministre des Affaires étrangères d’ Israël, Danny Ayalon, « Les relations entre Israël et la Turquie traversent une période difficile, mais le problème pourrait être réglé avec une diplomatie discrète et prudente."

Vendredi dernier, le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU (Rapport Goldstone)a recommandé que le Conseil de sécurité de l’ONU se saisisse du dossier Israëlo-Palestinien et réclame aux deux parties l’ouverture d’enquêtes, sous peine de saisir la Cour pénale internationale.


vu sur http://www.armenews.com/article.php3?id_article=55447

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Source : Portes Ouvertes France


 

Hakan Tastan et Turan Topal sont en procès depuis 3 ans pour avoir organisé une étude biblique avec des étudiants à Silivri, à 72 km d'Istanbul. Alors que les sept premières audiences de leurs procès ont été très médiatisées, l’intérêt des journalistes est retombé depuis que leur principal accusateur, Kema Kerinscziz, un avocat ultranationaliste a été arrêté pour complot contre l’Etat. Mais la justice turque porte toujours autant d’intérêt à ces deux chrétiens d’origine musulmane, quitte à faire passer des témoins pour le moins étonnants à la barre.


Ainsi, ce mois-ci, trois « témoins » de l’accusation ont été entendus. Ce qui est étonnant c’est que ces témoins sont tous employés de divers services des tribunaux d’Istanbul et qu’ils ont assuré n’avoir jamais rencontré Hakan et Turan ! « On assiste à un vrai scandale » soulève Haydar Polat, l’avocat des deux chrétiens accusés, « la venue de ces témoins était un complot, mais il n’a pas réussi, le manque de preuves est évident ».


En 2006, Hakan et Turan apprenaient qu'ils étaient accusés d’injure à l’islam selon l’article 216 de la Constitution du pays. Il leur est également reproché d’avoir dénigré l’identité turque (article 301) et d’avoir récolté des renseignements confidentiels sur les citoyens (article 135). Une prochaine audience est prévue pour le 28 janvier 2010 où le tribunal appellera une employée de la police d’Etat et deux agents des forces spéciales à témoigner.

Ce procès met en lumière le problème de liberté d’expression dans le pays. L’Union Européenne a déjà demandé à plusieurs reprises à la Turquie la modification ou l’abrogation de l’article 301 qui restreint la liberté d’expression. Il s’agit d’une condition sine qua non pour son entrée dans l’Union. Mais dans son rapport 2009 sur l’intégration de la Turquie, la Commission Européenne a réitéré ses inquiétudes sur les persécutions que subissent les minorités religieuses.

  1. Remercions Dieu pour les chrétiens turcs qui restent fidèles malgré la persécution.

  2. Prions pour Hakan et Turan. Demandons à Dieu de mettre un terme à toutes les procédures de justice dont ils font l’objet.

  3. Prions pour que le Royaume de Dieu avance en Turquie.


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AFP  22/10/2009  Source : le Figaro

Deux femmes arrêtées en juillet dans un café de Khartoum avec la journaliste soudanaise devenue activiste Loubna Ahmed al-Hussein ont été condamnées aujourd'hui à 20 coups de fouet chacune pour s'être vêtue de manière "indécente".

"En vertu des preuves montrées en cour, les deux femmes ont porté un pantalon sans porter de voile. La cour les reconnaît donc coupables, conformément à la loi sur l'ordre public", a déclaré le juge Hassan Mohammed Ali, de la Cour de Khartoum-Est. "La peine fixée est de 20 coups de fouet chacune et une amende de 250 livres soudanaises (100 dollars). Si l'amende n'est pas payée, ce sera un mois en prison", a ajouté le juge.

Les deux femmes, dont l'identité n'a pas été dévoilée, avaient été arrêtées début juillet dans un café de Khartoum en compagnie de Loubna Ahmed al-Hussein, la journaliste devenue activiste accusée en cour d'avoir porté un pantalon "indécent". Loubna Ahmed al-Hussein, dont le procès a défrayé la chronique dans la presse internationale, avait été reconnue coupable début septembre d'avoir porté un pantalon jugé "indécent" par la cour.

L'article 152 du code pénal prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents". L'an dernier dans l'Etat de Khartoum, région la plus peuplée du Soudan avec cinq millions d'habitants, ce sont près de 43.000 femmes qui ont été arrêtées pour des raisons vestimentaires, selon les partisans de Hussein.

Loubna Ahmed al-Hussein, dont le procès a défrayé la chronique dans la presse internationale, avait été reconnue coupable début septembre d'avoir porté un pantalon jugé "indécent" par la cour.

Elle n'avait pas reçu de coups de fouet comme le prévoit la loi, mais avait été emprisonnée après avoir refusé de payer une amende de quelque 200 dollars américains. L'association des journalistes soudanais avait payé son amende au lendemain du verdict et la jeune femme avait aussitôt été libérée.
Dix autres femmes avaient été arrêtées au même moment que Loubna Hussein et les deux femmes reconnues coupables jeudi. Elles avaient reçu dix coups de fouet chacune pour avoir porté un pantalon jugé "indécent" par les autorités.

vu sur http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/10/22/01011-20091022FILWWW00525-20-coups-de-fouet-pour-2-femmes-soudan.php
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Le monde arabe, combien de divisions ?
(paraphrase de celle prononcée par Staline à propos du Vatican


Depuis la chute de l’empire soviétique, il est apparu que la guerre froide, n’ayant plus raison d’être, des idéologues américains ont cherché et trouvé « un Satan de rechange ». Ceci a donné lieu, notamment après l’invasion de l’Irak et l’incantation de Bush père de l’avènement d’un « Nouvel ordre mondial » à des floraisons d’étude. Cela va de « La Fin de l’histoire » de Francis Fukuyama, à Samuel Huntington avec Le Clash des civilisations qui désigne le péril vert et le péril jaune comme adversaires de la civilisation judéo-chrétienne. L’Islam, « Le tiers exclu de la révélation abrahamique » est le bouc émissaire des maux actuels de l’Occident. Il n’est pas étonnant de ce fait, de soupeser le poids de l’adversaire en le dimensionnant ce qu’a fait The Pew Forum on religion & public life qui a publié, ce mois-ci, une étude détaillée sur les musulmans du monde, intitulée Mapping the Global Muslim Population. A report on the Size and Distribution of the World’s Muslim Population.
 

 Première leçon de cette étude, si l’on compte 1,57 milliard de musulmans (23% de la population mondiale), l’Asie représente la plus grande proportion d’entre eux, soit plus de 60% du total. Les quatre pays les plus peuplés de musulmans sont, dans l’ordre : l’Indonésie (202 millions), le Pakistan (174 millions), l’Inde (160 millions) et le Bangladesh (145 millions). Le pays arabe le plus peuplé de musulmans n’arrive qu’en cinquième position, c’est l’Egypte (78 millions). L’Afrique du Nord et le Proche-Orient ne comptent que 315 millions de musulmans (à peine plus de 20% du total), suivis de l’Afrique subsaharienne (240 millions). 80% des musulmans habitent des pays où ils représentent une large majorité.(1)

 Dans le même ordre de la connaissance de l’Autre, un ouvrage important est écrit par John L. Esposito, un des meilleurs spécialistes américains de l’Islam, et Dalia Mogahed, une analyste travaillant pour l’institut de sondage Gallup : Who speaks for Islam ? What a billion muslims really think (« Qui parle au nom de l’Islam ? »). Cet ouvrage est intéressant à plus d’un titre, pour la première fois, à notre connaissance une image de la situation des musulmans dans le monde est donnée. Alain Gresh, qui le présente, écrit : « Cet ouvrage s’appuie sur une très large enquête d’opinion, à travers plus de 35 pays et représentant, selon les auteurs, plus de 90% des 1,3 milliard de musulmans. L’idée est de faire parler les musulmans eux-mêmes et pas les responsables ou les experts. Les auteurs résument ainsi les principaux résultats de leur enquête. »

« Les musulmans n’ont pas une vision monolithique de l’Occident. Ils jugent les différents pays en fonction de leur politique, pas de leur culture ou de leur religion. Leur principal rêve est de trouver du travail, pas de s’engager dans le djihad. Ceux qui approuvent des actes de terrorisme sont une minorité et cette minorité n’est pas plus religieuse que le reste des musulmans ».(2)

 « Ce que les musulmans admirent le plus dans l’Occident, c’est sa technologie et la démocratie ; ce que les musulmans condamnent le plus en Occident, c’est la "décadence morale" et la rupture avec les valeurs traditionnelles (dans des proportions similaires à celles des... Américains). Les femmes musulmanes veulent à la fois des droits égaux et le maintien de la religion dans la société. La majorité ne veut pas que les dirigeants religieux aient un rôle direct dans l’élaboration des Constitutions, mais est favorable à ce que la loi religieuse soit une source de la législation ». Pour la majorité des musulmans (plus de 90% dans certains pays), la religion est un aspect essentiel de leur vie. » « Beaucoup considèrent la religion comme un aspect primordial de leur identité. L’Islam n’est pas, pour ses fidèles, ce qu’il apparaît aux ob-servateurs étrangers, une simple carapace de règles contraignantes et de punition. Pour beaucoup de musulmans, c’est une boussole mentale et spirituelle qui donne un sens à la vie, les guide et leur donne de l’espoir. Une proportion importante des personnes disent que leur vie a un but important (90% pour les Egyptiens, 91% pour les Saoudiens). »(2)

 « Les auteurs montrent les changements de la situation des femmes depuis quelques décennies, avec leur intégration massive dans l’éducation (notamment au niveau de l’université). Elles veulent toutes plus de droits et notamment l’égalité juridique avec les hommes, le droit de vote en dehors de toute pression familiale, la possibilité de travailler à n’importe quel poste en fonction de leur qualification (c’est notamment le cas de 76% des Saoudiennes). Désirent-elles pour autant être "libérées par l’Occident" ? Pourtant, quand on leur demande si adopter les valeurs occidentales ferait avancer leur cause, seules 12% des femmes indonésiennes, 20% des Iraniennes et 18% des Turques sont d’accord. Elles pensent que l’attachement à leurs valeurs spirituelles et morales est un élément important dans les progrès que leur situation doit connaître. "Travailler pour le progrès des femmes en s’appuyant sur la charia plutôt qu’en l’éliminant est un thème qui renaît dans les sociétés musulmanes contemporaines." Les femmes musulmanes veulent à la fois le respect de leur religion et leurs droits ; alors qu’elles admirent certains aspects de l’Occident, elles n’adoptent pas toutes les valeurs de l’Occident ; la majorité des femmes musulmanes considèrent avec suspicion les défenseurs occidentaux des droits des femmes. »(2)

 De l’analyse rapide des deux études précédentes, on peut déduire que l’essentiel de l’Islam est asiatique. Les pays musulmans asiatiques semblent se développer dans l’ensemble, selon les règles de la démocratie et connaissent des taux de croissance à deux chiffres (Malaisie, Indonésie). De plus, l’alternance est consacrée (Turquie, Malaisie, Inde, Pakistan). Il est donc faux d’attribuer les problèmes des sociétés arabes à l’Islam qui est de ce fait innocent des avanies que subissent les musulmans arabes en son nom. Pourquoi alors, le monde arabe est-il dernier partout comme le martèlent chaque année les Rapports du Pnud ? Pourquoi l’alternance se fait-elle toujours par l’émeute ? Pourquoi le Monde arabe dans son ensemble, traduit moins de livres que la Grèce ?

 Dans les années 60, Le Monde dit « arabe » était relativement mieux placé au niveau des indicateurs de développement économiques et sociaux que l’Amérique latine. En quarante ans, la régression est patente à la mesure du désarroi des sociétés et des individus privés de repères et de règles de jeu,soumis à un autoritarisme permanent, asservis dans un climat de répression qui fait que l’impasse paraissant durer mille ans [on a calculé qu’en moyenne un potentat arabe restait au pouvoir une vingtaine d’années, le record du Guinness est détenu sans conteste par El Gueddafi], le désespoir gagne des couches sociales de plus en plus importantes. Résultat des courses : les pays prennent un retard qui n’est pas linéaire, mais exponentiel.

 On aurait pensé, écrit Hicham Ben Abdallah El Alaoui, que sur le plan économique, les « ajustements structurels » (y compris les privatisations et la réduction des subventions étatiques), les accords de libre-échange, l’appel aux investissements et les incitations à entreprendre allaient enfin faire émerger de nouvelles classes moyennes. (...) Vingt ans plus tard, le bilan de ces espérances dans les différents domaines (politique, économique, idéologique et relations internationales) est affligeant.(...) L’islamisme, sous ses différentes formes, est arrivé à apparaître comme le meilleur porte-parole des mécontentements et des exigences de changement, même parmi des groupes traditionnellement de gauche et laïques, comme les étudiants ».

 « Si les voix laïques et islamistes font partie d’un même grand choeur exigeant la démocratisation, les uns chantent la mélodie d’un ordre social fondé sur le droit et sur les principes politiques modernes universellement admis, les autres psalmodient les principes d’un ordre politique fondé sur un ensemble de préceptes coraniques. Bref, les « réformes » infligées à notre région depuis quinze ou vingt ans - sous la pression de l’Occident - n’ont pas conduit sur ce chemin qui mènerait inexorablement de la libéralisation économique à la démocratie, en passant par la modernisation et la sécularisation. (...) L’Etat fait feu de tout bois, il crée ses propres médias, son propre simulacre d’une société civile. Il s’agit d’une mise en scène, d’une rationalisation limitée de l’ordre politique. L’Etat autoritaire n’a pas été transformé par la démocratisation, il s’est affublé de ses accessoires. On pourrait, par dérision, le nommer « autoritarisme 2.0 ». (3)

 « (...) Les facteurs géopolitiques pèsent sur ces évolutions. (...) A partir de 2001, l’administration de M.George W.Bush a opté pour une nouvelle lecture du pacte avec la région : la priorité des Etats-Unis ne serait plus la stabilité, mais l’instauration de la démocratie, au besoin par la force. Cet abandon d’un vieux principe a effrayé nombre de régimes, mais l’opinion arabe l’a vite senti : cette ferveur démocratique n’était que le camouflage d’un programme d’interventions dans le seul intérêt des Etats-Unis et d’Israël. Les régimes locaux ont vite appris à déchiffrer les déclarations contradictoires venues d’Occident et retrouvèrent leur confiance. Une façade démocratique allait leur suffire, à condition d’apporter leur pierre à la « guerre contre le terrorisme » et de ne pas s’opposer trop vigoureusement à l’hégémonie des Etats-Unis ni aux intérêts d’Israël.(3)

 Le professeur Burhan Ghalioun( Sorbonne 1) , dans un premier livre, explique le malaise des masses arabes à la fois par des causes exogènes (les interférences multiples) et endogènes (la chape du pouvoir). Dans le monde moderne, écrit-il, en perpétuel changement, voué à la globalisation, à l’instabilité, à la confusion, à la pauvreté, à la présence de menaces multiples, les peuples cherchent dans leur patrimoine davantage des repères qui manquent, un sens de l’enracinement dans l’histoire des références, et un recours que des valeurs de piété. Avec l’avènement de la modernité, la pensée politique arabe se trouve tiraillée entre deux angoisses : d’une part, la peur que les sociétés musulmanes soient exclues du processus de modernisation, et d’autre part, la crainte qu’elles soient obligées à renoncer à leur religion et donc à leur identité. Ainsi, le débat politique s’est structuré en deux tendances principales : l’une, d’inspiration religieuse, que l’on peut appeler la tendance musulmane ou islamiste, et l’autre, à caractère séculier, que l’on peut qualifier de moderniste ou laïciste. A l’heure actuelle, alors que des désordres émergent, plusieurs questions resurgissent : quel rôle joue la religion dans la communauté nationale moderne ? Quelle place doit avoir l’État et quel rapport doit-il entretenir avec la religion ?...(3) 

 Le véritable mal dont souffrent les sociétés musulmanes ce n’est pas l’Islam mais la gestion politique. « L’absence de catéchisme dans l’Islam fait dépendre l’enseignement religieux du pouvoir politique. Or les politiques culturelles ne sont nulle part innocentes. Elles reflètent des stratégies de pouvoir et répondent aux conditions de la reproduction des systèmes de domination sociale. (...) La formation d’une pensée déstructurée, qui est aujourd’hui la règle, est le fruit d’une stratégie éducationnelle et au-delà, politique. Elle fait partie de cette même entreprise qui voue le reste de la population à la marginalisation et à la clochardisation. Ces politiques ne sont pas séparables de l’ensemble des mécanismes sociopolitiques du système en place qui sanctionne, l’honnêteté, l’esprit d’initiative et la créativité. Il favorise le clientélisme, l’hypocrisie et la soumission aux chefs. Bref, il faut chercher la clé de la conscience déstructurée, désorientée, désaxée, désemparée et déstabilisée qui tend trop à définir la conscience musulmane d’aujourd’hui dans l’assujettissement de tout savoir, de toute culture, de toute religion, de toute littérature, de tout enseignement à la stratégie du pouvoir. »(4)

 Burhan Ghalioun ajoute à toute ces tares, que l’instrumentalisation de tous ces Etats arabes dont le « tout-sécuritaire » est l’unique raison d’être, font subir à la religion, d’une part (réduite au seul aspect de la Shari’a) et au laïcisme proposé comme une nouvelle religion étatique, d’autre part. Pendant de longues décennies, l’Islam était considéré incompatible avec les valeurs de la démocratie. Quel est l’impact réel de l’Islam dans l’évolution politique des pays musulmans, en particulier les pays arabes du Moyen-Orient ? (...) Il est aussi faux de dire que l’Islam est incompatible avec la démocratie que de soutenir le contraire. (..) Les musulmans sont, comme dans toutes les sociétés, divisés entre libéraux et radicaux, cléricaux et laïcistes, républicains et monarchistes. (...) (5)

 « Quelle serait la Solution ? « Les facteurs qui favorisent une issue démocratique sont, à mon avis, poursuit Borhan Ghalioun, quatre : la faillite des systèmes autoritaires sur tous les plans : national, économique, politique et culturel, l’émergence de la pensée critique, de nouveaux espaces de sociabilité, de nouvelles forces politiques et civiles. L’éveil de l’opinion publique, sous l’effet de la mondialisation des médias et de la popularisation à travers Internet, des moyens d’information, avec pour conséquence la naissance de nouvelles aspirations et de fortes motivations pour la changement. (...) L’incertitude quant à la possibilité d’obtenir un soutien international cohérent et à long terme est avérée. En effet, il n’est pas certain que les puissances euro-américaines qui bénéficient d’une position privilégiée dans la région y croient vraiment. D’où la volonté d’exercer une sorte de contrôle continu sur l’évolution politique de systèmes et d’essayer d’imposer aux sociétés de la région des équipes ayant de bons rapports avec les puissances occidentales. (...) »(5)

 Comment, en définitive, dépasser l’impasse majeure depuis l’échec du réformisme : l’angoisse de l’exclusion de l’histoire moderne et celle d’un abandon de valeurs et référents religieux et culturels, cette fameuse double errance dont souffre en particulier les Algériens ballotés entre une métropole moyen orientale qui a montré ses limites et qui instrumentalise la religion d’une façon rétrograde et un Occident tentateur qui ne fait pas dans le détail pour broyer les identités grâce à la puissance de ces « industries du plaisir » que « l’Unique » pour citer son errance, tente d’imiter en programmant à la fois Foursane el Kor’an et l’équivalent de la Star Ac erstatz libanais de la Star Ac elle-même pâle imitation d’émissions de variétés outre-Atlantique. On le voit, la « solution » ne peut pas être exogène, au contraire, les interférences occidentales font tout pour maintenir en l’état les masses arabes. Seule l’éducation et le savoir pourront voir émerger un jour-, avant qu’il ne soit trop tard – au sein des différents peuples qui ont en commun l’usage de l’arabe, des élites fières de leurs identités multiples et respectives et de leur appartenance à l’Islam, sans en faire naturellement un fond de commerce, fascinées par les multiples conquètes de la science . Elles donneront à n’en point douter la pleine mesure de leur talent. Un petit vœu seulement : Que l’Occident s’arrête de s’immiscer dans le destin des peuples et aide ces élites endogènes à s’affirmer en militant pour un principe : un seul ! l’alternance. Il est vrai qu’il devra opter pour la vraie démocratie, le veut-il seulement ?  



1.Alain Gresh. Musulmans du monde - Le Monde Diplomatique - 16 octobre 2009,

2.Alain Gresh : Que veulent les musulmans ? Le Monde Diplomatique - 1er avril 2008,

3.Hichem .Ben Abdallah - Les régimes arabes modernisent l’autoritarisme. Le Monde diplomatique. 04 2008

4.Burhan Ghalioun. Islam et politique. P.182. Editions La Découverte 1997

5.Borhan Ghalioun http://critique-sociale.blogspot.co...
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Source : Reuters

Les islamistes somaliens de la milice Al Chabaab menacent de lancer des attaques contre les capitales de l'Ouganda, Kampala, et du Burundi, Bujumbura, pour venger la mort de civils à Mogadiscio. Ces deux pays participent à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), qui appuie l'armée gouvernementale somalienne contre l'insurrection islamiste. "Nous ferons pleurer leur peuple. Nous attaquerons Bujumbura et Kampala (...) Nous porterons notre combat dans ces deux villes et nous les détruirons", a déclaré à la presse Sheikh Ali Mohamed Hussein, un des principaux commandants de la milice islamiste somalienne que Washington considère comme liée à Al Qaïda. Jeudi, des tirs d'artillerie ont fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés dans Mogadiscio. Selon des employés de Reuters, les forces ougandaises et burundaises de l'AMISOM ont répliqué à des attaques au mortier des islamistes en faisant donner l'artillerie. Le commandant Barigye Ba-hoku, porte-parole de l'AMISOM à Mogadiscio, a démenti que des soldats de l'Union africaine aient bombardé la ville et a imputé les victimes civiles à des actions armées des insurgés. "Al Chabaab veut nous entraîner dans sa guerre. C'est eux qui nous ont bombardés et qui ont bombardé (le secteur de) Bakara avant de dire que c'était l'AMISOM qui avait tué des civils. Nous connaissons leur tactique", a-t-il dit. Les combats en Somalie ont fait 19.000 morts parmi les civils depuis janvier 2007 et déplacé 1,5 million d'habitants, créant l'une des pires situations d'urgence humanitaire dans le monde. Les agences occidentales du renseignement estiment parallèlement que le chaos a attiré sur ce territoire de la Corne de l'Afrique des djihadistes étrangers en quête de bases arrière pour préparer et mener leurs opérations. "Nous prenons leurs menaces au sérieux", a ajouté le commandant Ba-hoku. "Toute tentative d'attaque contre le Burundi ou l'Ouganda se heurtera à une réaction déterminée et sera mise en échec."
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Un passionnant dossier consacré à Salman Rushdie et aux 20 ans de la fatwa prononcée par le régime iranien contre l'auteur des Versets sataniques constitue la pierre de touche de la nouvelle livraison de La Règle du jeu. Une lettre inédite d'Emmanuel Levinas à Maurice Blanchot, écrite peu après la création de l'Etat d'Israël en 1948, et le long récit de Raphaël Haddad, le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), à propos de la conférence de Durban 2 sur les droits de l'homme en avril complètent le sommaire. A la veille de son 20e anniversaire, la revue créée par Bernard-Henri Lévy offre une nouvelle maquette, dont la couverture sera confiée à un illustrateur ou à un photographe. Celle du numéro d'octobre est réalisée par la dessinatrice et cinéaste, Marjane Satrapi, avec un dessin intitulé Iran, j'écris ton nom, en référence aux massacres de juillet à Téhéran. La revue reste plus que jamais fidèle aux objectifs qu'elle s'était assignés : créer un espace de discussion, prendre parti là où se font jour les aspirations démocratiques. "Penser les barbaries du moment", selon la formule de Bernard-Henri Lévy. Pour le philosophe, la chute du communisme, loin de signifier une hypothétique fin de l'histoire, ouvrait au contraire la porte à d'autres périls. Une intuition avérée depuis par les faits , des guerres dans l'ex-Yougoslavie au génocide rwandais, en passant par la résurgence de l'islam fondamentaliste. Les différentes facettes de ce dernier constituent le plat de résistance de ce numéro, à commencer par le dossier consacré à Salman Rushdie. Il ouvre l'ensemble avec une contribution intitulée "Une malédiction littéraire", où la tâche de l'écrivain est énoncée avec une rare pertinence. L'entretien avec l'ancien ministre de la culture, Jack Lang, qui relate avec franchise ses difficultés à convaincre, en 1992, le gouvernement Bérégovoy d'inviter Rushdie en France, montre que la cause de l'écrivain n'était pas gagnée d'avance. Le texte d'Ayaan Hirsi Alie, femme politique néerlandaise, nous rappelle les failles de la solidarité occidentale contre la fatwa. L'ancien président américain, Jimmy Carter, accusait l'écrivain d'avoir "insulté des millions de musulmans dont les croyances sacrées ont été bafouées". Vingt après, la fatwa demeure. Ayaan Hirsi Ali l'écrit avec force : "Les actes barbares drapés dans de saintes écritures se sont succédé : tyrans domestiques niant aux musulmans ordinaires les droits humains les plus élémentaires, débordements d'intimidation, de terreur et de meurtres dans les sociétés libres." Le récit de Raphaël Haddad sur la mascarade que fut Durban 2, organisée sous l'égide de l'Organisations des Nations unies (ONU), présidée par la Libye, vice-présidée par l'Iran, donne une démonstration supplémentaire : face à l'islam radical, l'Occident devra agir et cesser de clamer une indignation de façade. Ce que le président de l'UEJF a fait en perturbant le discours du président Ahmadinejad. "Battons-nous pour réformer la gouvernance de la Commission des droits de l'homme de l'ONU. Plaidons pour que n'y siègent que les Etats respectant un certain nombre de fondamentaux", conclut Raphaël Haddad. Cette règle du jeu est limpide et raisonnable. On peut craindre qu'il faille beaucoup d'autres livraisons de La Règle du jeu pour en marteler les fondamentaux.
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24 octobre 2009

L’affaire Thilo Sarrazin a récemment pris en Allemagne une dimension nationale (lire encadré du bas). Necla Kelek, une sociologue allemande né en Turquie, jette un pavé dans la mare des indignations «antiracistes». Extrait du Sächsische Zeitung du 22/10/09 (traduction approximative): « Thilo Sarrazin a raison et la situation est alarmante. Il n’a fait que répéter ce qu’indiquent plusieurs rapports et études sur l’intégration. Ils montrent tous que les Arabes et les Turcs s’intègrent mal car ils suivent un autre modèle que celui de leur société d’accueil. Toutes les critiques ont voulu faire de Thilo Sarrazin un « raciste ». Et tous veulent faire rejaillir l’échec de l’intégration sur la société allemande. Personne n’accepte de reconnaitre la responsabilité des immigrés dans cet échec, par leur volonté de suivre une culture et un modèle différent.» Necla Kelek est déjà connue pour ses travaux sur la difficulté d’intégration des musulmans en Allemagne. Et sa position a le mérite d’être sans ambiguïté. Quelques extraits choisis : • « L’Allemagne a longtemps pensé qu’une société moderne était attirante pour d’autres cultures. C’est oublier que certaines cultures se moquent des droits individuels. La partie des immigrés qui n’a pas pu ou n’a pas voulu bénéficier de la modernité, qui a refusé d’apprendre l’allemand, s’est retranchée dans son environnement familier, ses us et coutumes, et dans sa base culturelle, l’Islam. Ils ont reproduit leurs structures villageoises anatoliennes et empêché leur intégration et celle de leurs enfants. » • « Au lieu d’apprendre l’allemand, ils se sont massivement retirés dans leurs mosquées, d’où ils défendent leur vision du monde islamique. Ils ont depuis bien longtemps recréé une société parallèle, et notamment grâce aux acquis sociaux allemands.» • “L’islam est une religion arabe, même si elle se veut universelle. L’islam ne connaît aucune individualité et sa vision de l’humanité n’est pas adaptée à la modernité, qui réclame des individus responsables d’eux-mêmes. L’islam suit un autre modèle de société. Il a non seulement la prétention d’être une croyance, mais il se pose en religion de l’unité de la vie, de la foi, de la loi et de la politique.» (toutes sources) Rappel : Thilo Sarrazin, ancien responsable des finances de Berlin, membre du conseil d’administration de la Bundesbank, a fait scandale en déclarant : «Nous n’avons pas besoin de gens qui vivent des prestations sociales d’un pays qu’ils rejettent, qui ne se sentent pas concernés par l’éducation de leurs enfants, et produisent à la chaine des petites filles voilées. Cela vaut pour 70% des Turcs et à 90% des Arabes de Berlin. Alors que les familles d’immigrés d’Europe de l’Est, du Vietnam, de Chine ou de l’Inde se sont intégrées en une génération, les enfants et petits enfants de Turcs et d’Arabes n’arrivent pas à parler allemand correctement et ne réussissent pas à l’école.»
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Tangi Salaün au Caire, 22/10/2009

Depuis une dizaine d'années, le port du voile intégral s'est banalisé dans les rues du Caire. Deux Égyptiennes sur dix le porteraient désormais dans les campagnes.
 
Depuis une dizaine d'années, le port du voile intégral s'est banalisé dans les rues du Caire. Deux Égyptiennes sur dix le porteraient désormais dans les campagnes.

Longtemps permissif, le gouvernement cherche la bonne tactique afin d'endiguer l'engouement pour le voile.

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L’Aide fatale, de Dambisa Moyo, JC Lattès, 280 pages, 20 €.


Une financière africaine fait le procès de l’assistance étrangère. Elle dynamite cinquante ans de mauvaises habitudes.

Universitaire zambienne, âgée de 40 ans, Dambisa Moyo a grandi dans l’Afrique postcoloniale. Elle n’a pas connu le combat pour l’indépendance mené par ses aînés, ni leurs engagements tiers-mondistes dans la rivalité Est-Ouest. Elle a grandi dans un continent abonné aux perfusions internationales puis s’est formée dans les meilleures universités occidentales. Elle y a découvert certaines routines intellectuelles et “la mauvaise conscience de l’homme blanc”. Revenue en Afrique, Dambisa Moyo dresse le constat des ravages provoqués par des méthodes de développement ineptes, perpétuées au nom de la stabilité par la plupart des élites africaines ou européennes, et bien souvent aussi pour des raisons d’intérêts personnels moins avouables.

Le constat qu’elle dresse dans l’Aide fatale est terrible.


Seule une Africaine pouvait le dire avec cette force, sans encourir de soupçons de néocolonialisme, voire de discrimination raciale. « Au cours des cinquante dernières années, les pays riches ont déversé 1 000 milliards de dollars d’aide à l’Afrique. » Revigorant et iconoclaste, son essai dénonce les gourous qui règnent sur le développement et l’assistance humanitaire depuis cinq décennies. « L’aide ne marche pas, poursuit- elle. Entre 1970 et 1998, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11 à 66 %. »


Diplômée de Harvard et d’Oxford, ancienne de la Banque mondiale et de la banque américaine Goldman Sachs, Dambisa Moyo connaît la réalité des chiffres qu’elle utilise à l’appui de sa thèse, le procès – politiquement incorrect – de l’assistance au continent noir : « Le résultat de l’aide, c’est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande et l’Afrique à l’écart du progrès économique. »


Elle sait qu’existent de bonnes raisons justifiant cette aide : « Nous vivons dans une culture de l’assistance… Il y a comme un impératif moral pour les pays riches à aider les pauvres. » Les milliards de dollars dépensés au chevet de l’Afrique n’ont-ils donc pas amélioré le sort des populations ? Bien au contraire, répond l’essayiste qui parle « d’un désastre total sur le plan politique, économique et humanitaire ».


L’aide à l’Afrique s’est inspirée de la conférence de Bretton Woods (États-Unis). L’accord signé le 22 juillet 1944 permit le redressement des pays touchés par la guerre. Si l’aide fournie à l’Europe avait pu si vite la reconstruire, le même programme pouvait avoir les mêmes effets en Afrique. «Erreur », répond Dambisa Moyo. Les contextes étaient différents. L’Europe ne fut pas totalement dépendante de l’aide en question : les flux financiers du plan Marshall ne représentèrent au maximum que 2,5 % du PNB des principaux pays européens. Ce n’est pas le cas de l’Afrique où l’assistance équivaut aujourd’hui à 15 % de son PNB ! Le plan Marshall fut limité à cinq ans : l’Afrique est sous perfusion depuis plus de cinquante ans. Constante et sans limitation de durée, cette aide n’incita pas à l’effort.


“Une compassion orchestrée à l’échelle mondiale”

Dans les années 1980, la « dépendance de l’Afrique est même renouvelée ». Afin d’aider les pays africains à payer leurs dettes, la contribution du Fonds monétaire international passa de 8 à 12 milliards de dollars entre 1982 et 1983 : «Cela ne pouvait qu’accroître la dépendance des pays pauvres et qu’aggraver leur endettement. » La décennie suivante confirma « l’insuccès de cinquante ans d’une politique d’intervention concurrente », avec ses conséquences : corruption généralisée, accroissement de la pauvreté, déclin de la croissance, explosion de la dette à 1 000 milliards de dollars.


Les États donateurs, les organisations internationales et la plupart des ONG affirment que seuls des principes de bonne gouvernance et de démocratie peuvent encourager la croissance et permettre la prospérité. Dambisa Moyo réfute ce credo : « La démocratie n’est pas le préalable de la croissance économique, comme le soutiennent les champions de l’aide.Au contraire, c’est le développement économique qui est le préalable de la démocratie. » Elle cite le Sénégal, pays démocratique, avec une croissance de 3 % en 2006, et le Soudan, pays non démocratique, bénéficiaire d’une croissance économique sans précédent. Autre exemple : la Tunisie, “autocratie tempérée” ou “démocratie sous contrôle”, devenue un modèle de développement maîtrisé dans un environnement africain de violences et de misère endémiques.


L’auteur s’interroge : « Comment les pays occidentaux ont pu espérer que l’introduction accélérée d’institutions démocratiques dans des nations sousdéveloppées garantirait aux pays d’Afrique un changement immédiat de leur fortune économique et politique ? » N’a-t-il pas fallu des siècles de développement aux pays occidentaux pour arriver à leur modèle démocratique actuel ?

« L’Afrique est devenue l’objet d’une compassion orchestrée à l’échelle mondiale », dit aussi l’auteur en visant les grands shows humanitaires de Londres ou de Paris, Bob Geldof ou Bono : « Les donateurs occidentaux cherchent quelqu’un, n’importe qui, pour leur indiquer la meilleure manière de s’attaquer aux problèmes de l’Afrique. »

Les élus et hauts fonctionnaires africains n’ont pas su s’exprimer sur les mesures à prendre. « La dépendance à l’aide ne fait que saper la capacité des Africains, quel que soit leur rang, à décider au mieux de l’orientation économique et politique de leur pays. »


Cette assistance limite les capacités de développement. « Au cours des trente dernières années, les pays les plus dépendants de l’aide peuvent se prévaloir d’un taux de croissance annuel moyen de moins de 0,2 %. » L’aide encourage les trafics : « Elle est l’un des supports majeurs de la corruption. » Mobutu Sese Seko, l’ancien président du Zaïre, vola 5 milliards de dollars, l’équivalent de la totalité de la dette extérieure de son pays.


Une étude de la Banque mondiale l’atteste : « 85 % des flux de l’aide servaient à des fins différentes de celles formulées à l’origine. » Dès 1947, un directeur de la Banque mondiale l’affirmait : « Quand nous croyons payer une centrale électrique, nous finançons en réalité un bordel. » Selon l’auteur, la Banque mondiale aurait ainsi “participé” au détournement d’environ 100 milliards de dollars. Avec la corruption associée aux prêts d’autres institutions multilatérales, ce serait 200 milliards évaporés !


Dambiso Moyo distingue deux formes de corruption : positive, quand l’argent volé est réinvesti dans le pays ; négative, quand l’argent volé est placé dans des comptes à l’étranger. Dans l’Ouganda des années 1990, la dépense publique pour l’éducation était siphonnée à l’échelle nationale : à peine 20 cents par dollar versé atteignaient les écoles primaires. La corruption tarit les investissements : « Rares seront les entrepreneurs nationaux et étrangers qui risqueront leur argent […] d’où la stagnation des investissements, fatale pour la croissance. »Curieusement, « les agences en charge du développement continuent d’assister les États africains les plus corrompus et les moins responsables ».


L’auteur remarque que le “business de l’aide” est le gagne-pain de la Banque mondiale, du FMI, des Nations unies, des ONG : « Le succès d’une politique de prêt se mesure par la taille du portefeuille de prêts du donateur et non par la proportion de l’aide effectivement utilisée pour l’objectif fixé. » À cela s’ajoute la crainte de voir les pays incapables de rembourser leurs dettes : « On en arrive à une situation absurde où le donateur a un plus grand besoin d’octroyer l’aide que le bénéficiaire de la recevoir. »


L’aide étrangère est parfois belligène : « La perspective, en prenant le pouvoir, d’avoir accès aux richesses illimitées de l’aide est irrésistible. » Les guerres civiles en Somalie (comme au Soudan, au Congo, au Liberia) illustrent l’impitoyable concurrence entre clans pour le contrôle de l’importante aide alimentaire déversée sur ce pays exsangue.

“L’aide est source de paresse chez les dirigeants”

Renforçant la monnaie locale, l’aide pénalise les industries exportatrices : « Les biens de fabrication locale destinés à l’exportation coûtent plus cher sur le marché international et ne sont plus compétitifs. » Elle rend donc le pays aidé encore plus dépendant de l’aide future. L’épargne est réduite car l’élite dépense en biens de consommation. « Il n’y a pas assez de maind’oeuvre qualifiée ou d’occasions d’investissement de taille pour employer effectivement la manne dont ils disposent. »
 

Dambisa Moyo démontre enfin que les capitaux et les investissements privés chutent quand l’aide remplace la ressource fiscale. Effet pervers : les populations ne paient pas d’impôt et ne sont donc pas représentées : « Le gouvernement ne doit rien à son peuple. » Partout, le même scénario se vérifie : « L’aide est source de paresse chez les dirigeants africains. Elle leur apparaît comme un revenu permanent. Ils n’ont pas d’incitation à chercher d’autres moyens de financer le développement à long terme de leur pays. »

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22 octobre 2009

 

Les auteurs souhaitent la fondation d'un 'islam belge et moderne'

Dans leur livre, Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac, le journaliste Claude Demelenne et le sénateur Alain Destexhe dénoncent le comportement de certains représentants belges du PS, du cdH et d'Ecolo.

Les auteurs les accusent de « complaisance » à l'égard de « l'islam réac ». Ils précisent avant toute chose que ce « pamphlet » n'est « pas un livre contre l'islam mais contre les tenants d'un islam réactionnaire avec lesquels certains progressistes font une alliance objective ».

L'un des auteurs de cette lettre, Alain Destexhe a déclaré lors d'une conférence de presse : « Le PS bruxellois, Ecolo et le cdH ont clairement joué la carte du communautarisme. Aujourd'hui, quand on est d'origine étrangère, il faut avoir le soutien des mosquées pour être élu ».

Autre cible des auteurs le MRAX (Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) selon eux « le MRAX, qui a une longue histoire d'engagement démocratique, est devenu le syndicat de l'islam conservateur et rigoriste, une véritable machine à accuser les gens d'islamophobie ».

Ils affirment aussi qu'il existe un racisme « anti-blanc » en Belgique et que « tout en ne faisant pas d'amalgame, il faut oser dire qu'il existe une extrême droite musulmane ». Ils en appellent à la fondation d'un « islam belge et moderne ».
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Les Turcs en faveur de la discrimination des non musulmans

Un nouveau sondage met en évidence la xénophobie d’une bonne majorité de musulmans turcs qui se prononcent en faveur de la envers les . Cela ne gênera pas le moins du monde le Ministère Français de la Culture de mettre la à l’honneur cette année (lire) allant jusqu’à éclairer la tour Eiffel aux couleurs de ce pays en octobre prochain.

ANKARA (AFP) - Les Turcs montrent peu de tolérance envers leurs  ethniques et religieuses, ils pensent que les non musulmanes ne sont pas loyales envers le pays, et la majorité des Turcs refusent de voir des non musulmans employés dans des institutions publiques, c’est ce qu’un sondage d’opinion publié dans les journaux a révélé mercredi.

L’enquête, menée par l’institution de sondages Frekans qui a interrogé 1108 personnes entre mai et juin, a révélé que 57 % des Turcs ne voudraient pas vivre à côté d’un voisin athée,  42 % à coté de voisins juifs et enfin  35 % à proximité de chrétiens. 

18 % ne voudraient pas d’une famille étrangère dans leur voisinage.

Bien qu’à majorité musulmane, de petites communautés de Juifs, Arméniens et Grecs vivent en - toutes officiellement reconnues comme des par le Traité de Lausanne de 1923, qui prévoit une protection spéciale pour les non-musulmans.

48 % des personnes interrogées ont dit qu’elles ne croyaient pas que les Juifs sont loyaux à l’Etat Turc alors que 47 % mettent en doute la loyauté des Grecs et des Arméniens.

Le sondage révèle enfin que 57 % ne veulent pas que des membres de  non musulmanes travaillent pour l’Agence Nationale du renseignement et  55 % pensent que ces  ne devraient pas être employées dans la magistrature, la police et l’armée.


Source : AFP via European Jewish Press

Traduction Bivouac-id.

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"On changera définitivement le système laïc. La République vit ses derniers temps".
Abdullah Gül, actuel président de la République turque.

Source : Nevzat Bölugiray, AKP degisiyor mu? [ L'AKP change t'il?], Tekin Yayinevi, Istanbul, 2004,p.78.

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8 octobre 2009

Des femmes afghanes dans une rue de Kaboul.

Photo: AFP/Alexander Nemenov

On connaît la burqa essentiellement à travers les images des femmes afghanes - comme sur cette photo prise à Kaboul - car elle est peu portée au Canada par les musulmanes.

Le Congrès musulman canadien enjoint le gouvernement fédéral de bannir le port de la burqa et du niqab en public.


L'organisme estime que couvrir les visages des femmes est une pratique « médiévale et misogyne » susceptible d'occasionner des situations dangereuses, citant notamment des vols de banques commis au Canada et ailleurs dans le monde.


La burqa est un voile qui recouvre le corps de la tête aux pieds, avec une grille en tissu à hauteur des yeux. Le niqab est un foulard qui cache tout le visage, à l'exception des yeux.


Le Congrès musulman canadien estime qu'aucun passage du Coran n'oblige les femmes à se couvrir le visage. Il ne s'oppose pas au port de tous les voiles, mais seulement de ceux que l'on dit « intégraux », portés ici par une minorité de femmes musulmanes.


L'organisme affirme que la burqa est un symbole de l'islam extrémiste, soulignant au passage que le port de celui-ci est proscrit à la Grande Mosquée de La Mecque, en Arabie saoudite, l'un des sites les plus sacrés du monde musulman.


Il ajoute que le cheik Mohamed Tantawi, doyen de l'université d'al-Azhar, autorité suprême musulmane d'Égypte, a même récemment émis une fatwa - un avis juridique donné par un spécialiste religieux islamique - contre le niqab et la burqa.


Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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